Il parle encore de la fois où il vint me voir A l'occasion d'une visite dans l'ouest, avec en mémoire, Les choses que l'on peut découvrir Dans le Nouveau Mexique, dans les déserts que l'on peut parcourir
Aussi quand il arriva je lui demandai, S'll voulait voir des ruines indiennes du passé Ses yeux brillèrent car il pensait à ces cavernes sacrées, Remplies d'objets anciens et protégés
Il était intéressé par ces pueblo merveilleux Que l'on peut voir dans des livres sérieux Et voulait être en communion avec les esprits Qui hantent toujours ces endroits sans vie
Alors je l'emmenai dans ma voiture Parcourus quelques rues, et en guise d'aventure M'arrétai au bas d'un grand immeuble d'appartements Et l'invitai à monter les étages jusqu'à une porte à deux battants!
Nous sonnâmes et nous fûmes invités à entrer Alors je lui dis tu voulais voir des vestiges indiens du passé Je te présente ma mère et ma grand-mère Elles ont gardé le style de vie des pueblo d'hier
Il rit devant les deux femmes ébahies Mais il comprit que la perpétuation de la vie Est plus forte que des souvenirs mal conservés Et il apprit plus ce jour là que lors de ses visites passées
Depuis, il raconte toujours sa visite du Nouveau Mexique, Dans un appartement ne contenant aucune relique Mais baigné de l'atmosphère des villages d'antan Et protégé des attaques ennemies du temps
Le sage est comme un enfant qui se tiendrait sur les hauteurs d'une montagne Et jouerait avec le soleil et les orages en riant Tous les pouvoirs lui sont donnés Il invente un nouveau langage, dialogue avec le vent Crée de nouveaux univers, parle avec ses rêves Mime le vol d'un oiseau ou la démarche burlesque de l'ours Il se moque de ses propres angoisses Il observe ses émotions, ses sensations Comme on observe les fleurs d'un jardin Il habite un nuage doré où la mort ne pénètre pas
La citrouille, et les courges d'hiver en général, ont fait partie du quotidien et de la religion chez les peuples des deux Amériques. Ce sont les Amérindiens qui ont fait connaître ce légume versatile aux premiers arrivants. C'est eux qui leur ont appris les multiples usages puisqu'ils la cultivaient depuis plus de 8 000 ans. Ils la firent connaître aux Conquistadores qui l'emportèrent en Europe.
La courge a joué un rôle prépondérant dans l'agriculture amérindienne. Avec le maïs et le haricot, la courge fait partie du monde mythique de la fondation et de l'introduction de l'agriculture. On la vénère et de nombreuses cérémonies ont lieu à la période des semences et de la récolte.
Chez les Indiens Mandan, quatre ancêtres vinrent un jour des profondeurs de la terre pour leur apprendre l'art de l'agriculture. Le plus jeune, qui avait pour nom "Tête chauve comme un hochet en calebasse", apporta la courge. C'est le chef "Manteau bien fourré" et prêtre du maïs qui apprit aux habitants de la terre à cultiver les champs; il distribua des graines de maïs, de haricot, de courge et de tournesol entre les familles pour qu'elles ne puissent jamais mourir de faim.
Les Indiens Navajo appliquaient sur les brûlures une purée de citrouille afin de couper l’effet.
Chez les Indiens Cherokee, la citrouille et autres courges d'hiver avaient dans leurs entrailles des pépins précieux qui, infusés, permettaient de guérir les coliques, diminuer les pierres aux reins, calmer la fièvre et les problèmes urinaires, réduire l'oedème, etc. Une poignée de pépins broyés, infusés dans 1/2 litre d'eau bouillante à couvert pendant 20 min. sur feu doux et 30 min. de repos hors du feu faisaient des merveilles.
Mais surtout, les tranches de citrouille faisaient un malheur posées sur la tête d'un malade atteint d'une crise de délire. Étonné, sidéré de se retrouver coiffé d'une citrouille, ce cucurbitacée avait la propriété de créer un choc psychique sur le malade et remettait d'aplomb les esprits les plus dérangés… c'est ce que racontaient les médecins sorciers de l'époque...
Souviens-toi du ciel sous lequel tu es né Connais l'histoire de chaque étoile Souviens-toi de la lune, sache qui elle est Je l'ai rencontrée une fois dans un bar à Yowa City Souviens-toi de la naissance du soleil à l'aube C'est le moment le plus fort Souviens-toi du crépuscule et de l'abandon de la nuit Souviens-toi de ta naissance, comment ta mère a lutté pour te donner forme et souffle Tu es le témoignage de sa vie, de celle de sa mère Et tu es elles toutes Souviens-toi de ton père, il est aussi ta vie Souviens-toi de la terre, de qui tu es la peau Terre rouge, terre noire, terre jaune, terre blanche Terre brune, nous sommes terre Souviens-toi des plantes, des arbres, des animaux Qui ont tous leurs tribus, leurs familles Leurs histoires, eux aussi, parle-leur Ecoute-les, ils sont des poèmes vivants Souviens-toi du vent, souviens-toi de sa voix Elle connaît l'origine de l'univers Une fois, j'ai entendu son chant Kiowa Pour la danse de la guerre à l'angle De la Quatrième Rue et de la Rue Centrale Souviens-toi que tu es tous les hommes Et que tous les hommes sont toi Souviens-toi que tu es cet univers Et que cet univers est toi Souviens-toi que tout est mouvement, tout grandit Tout est toi Souviens-toi que le langage vient de ceci Souviens-toi du langage qu'est la danse, la vie Souviens-toi