Je retiens mon souffle et je plonge soudain Dans ces eaux d'un bleu pur Les rives de mon amour-propre s'effacent Tout ce que je vois c'est toi
Je nage dans les vagues qui martèlent mon coeur Et frappent tous mes rêves Jusqu'à ce que, à bout de souffle, je reparte Sans vraiment savoir où je vais
Mais je retombe à nouveau, puis j'essaie de nager Je pousse fort avec mes deux pieds Je traverse toutes les peurs, tous les caprices Je nage vers quelque chose de doux
Je patauge à travers les vagues tumultueuses Devenant plus forte à chaque choc En franchissant toutes les épreuves de la vie Jusqu'à ce que je sentes mes membres brisés
Mais je replonge dans l'amour une fois encore Je retiens mon souffle et je nage Jusqu'à ce que je puisse atteindre cette rive distante Qui me donnera la confiance
Je replonge à nouveau dans l'amour Et les eaux pure et bleues Irriguent mon coeur et ma tête Et, une fois encore, je plonge et je nage dans leur douceur
Il semble que ma force la plus grande Soit la fragilité de mon coeur Comme une une poupée tendre Il peut être écrasé par ta main Ou être caressé doucement dans ta paume
Tu peux le tourner vers la lumière Et il devient magnifique, Rayonnant d'une lumière brillante Réfléchissant l'amour... Ou tu peux le jeter par terre Contre les pierres du chemin Et le regarder se briser En un million de perles de cristal
Que tu décides de le délaisser Ou de l'honorer avec ton amour Cela ne changera pas son battement Mon coeur continuera de battre dans ma poitrine Comme celui du plus brave guerrier Car mon coeur fragile Est ma plus grande force Car il espère toujours Toujours il aime Et sait croire et avoir confiance
Amérindienne et son enfant près du fleuve Oyapock à Camopi
Situé en pays Amérindien Émerillon, Camopi est un village très isolé, frontalier avec le Brésil duquel il est séparé par le fleuve Oyapock. La population de Camopi est d'environ 300 habitants sur le village lui-même et 1000 habitants avec les environs. La région est une réserve indienne à accès réglementé. Malheureusement, cette mise à l'écart est un peu tardive, et l'apparition des Allocations Familiales et autre RMI a complètement déstabilisé le peuple Amérindien : dès la perception des allocations, les hommes (et même les enfants) s'empressent d'aller dépenser en alcool et en filles cet argent facilement gagné et inutile pour ce peuple qui vivait jusqu'alors du troc, de la pêche et de la chasse. Résultat : l'alcoolisme et le Sida sont en train de finir d'anéantir les premiers habitants de cette terre... Vive la civilisation !
S'il y a de l'argent pour les allocations, il en manque cruellement dans d'autres secteurs du village : l'eau est très souvent coupée, le dispensaire médical sans grand moyen, le téléphone, le plus souvent en panne, les maisons sans assainissement et donc l'hygiène très précaire.
Camopi est situé en pleine région aurifère. De nombreux sites clandestins sont installés sur les rives des fleuves avoisinants (crique Sikini surtout), posant de graves problèmes de pollution au mercure. Celui-ci se retrouve ensuite dans la chaîne alimentaire, par l'intermédiaire des poissons, base de la nourriture Amérindienne. Les conséquences sur le long terme risquent d'être dramatiques.
Départ pour la pêche, depuis le débarcadère du poste administratif de Camopi
Pratiquement tous les orpailleurs brésiliens de la zone frontalière se retrouvent ici. Pourtant, il y a autant d'or côté Brésilien, mais les opérations "musclées" de l'armée et de la police Brésilienne y ont pratiquement fait disparaître l'orpaillage clandestin. Alors, on vient côté français... Les dégâts sur l'environnement sont considérables : au mercure vient s'ajouter les huiles de vidange des moteurs, le gasoil, sans parler de la déforestation des zones exploitées. Il suffit de visiter un site abandonné (car épuisé) pour se rendre compte de l'ampleur du désastre...
Le 11 février 2008, Nicolas Sarkozy était venu à Camopi, annoncer le lancement de l'opération "Harpie", un dispositif exceptionnel de lutte contre l'orpaillage clandestin grâce à des renforts de 406 soldats et 143 gendarmes. Un dispositif qui a vécu : tous les renforts sont repartis fin juin et aucune nouvelle opération de cette envergure n'est encore décidée au plus haut niveau de l'Etat.
Nicolas Sarkozy en visite à Camopi
Joseph Chanel, maire amérindien de Camopi avait conclu son discours au Président Nicolas Sarkozy par cette pensée amérindienne : « ce n'est que lorsqu'il aura fait tomber le dernier arbre, consommé la dernière ressource, pêché le dernier poisson, que l'homme prendra conscience que l'argent n'est pas comestible ». Quelques mois plus tard, Joseph Chanel a été reconnu coupable de complicité d'orpaillage clandestin et condamné à 10 mois de prison avec sursis. Il a déclaré avoir utilisé un moteur offert par Nicolas Sarkozy pour ses transports illicites de denrées en pirogue. Le moteur a été confisqué par la justice. Le Parquet qui avait requis un an de prison dont 6 mois avec sursis a fait appel.
Dans ses déclarations aux enquêteurs, Joseph Chanel a affirmé, qu'au cours de l'opération Harpie, ces derniers mois, il pouvait, en dépit d'un barrage filtrant sur la rivière Camopi, passer en pirogue avec sa marchandise sans être inquiété. D'ailleurs, le 5 août dernier, ce ne sont pas des gendarmes mais "des jeunes Amérindiens" de Camopi qui l'ont "interpellé" avec, dans sa pirogue, 5 sacs de denrées destinés à des sites clandestins...
Un grand merci à Ddexpress de La Guyane pour l'idée de ces articles sur les Amérindiens de son département Merci à toi pour les infos et pour les liens ils m'ont beaucoup aidée
La Guyane compte plusieurs communautés amérindiennes (environ 5 % de la population, soit entre 6000 et 9000 personnes) dont les membres sont considérés comme les descendants des plus anciens habitants -10.000 et -6000 ans avant J.-C. Le peuple amérindien est constitué d’une mosaïque de tribus. On pense que ce sont les Arawaks, venant des Antilles qui se sont installés en premier sur le bassin amazonien, il en reste environ 150 à 200 près des zones côtières. Beaucoup plus tard, ce sont les Caribes, peuple venant du bassin de l’Orénoque qui s’y installèrent.
400 à 600 Wayampis sont installés sur le Haut et Moyen Oyapock 200 à 400 d'Emérillons vivent sur le Moyen Oyapock, à Camopi, au bord du Haut-Maroni et du Tampock 600 à 1000 Palikour sont installés sur le Bas Oyapock, Saint Georges, Macouria, Régina et Roura 2000 à 4000 Galibis ou Kalihna se répartissent sur St Laurent du Maroni, Mana, Irakoubo et Kourou. Certains vivent en ville. Les Wayanas sont issus de l'ancien peuple Caribe, comme leurs frères de la côte les Kalinas, ils vivent à proximité des fleuves, essentiellement au sud de la Guyane sur le Haut-Maroni (également nommé Alitani). Les wayanas sont également appelés "Roucouyennes" car ils s'enduisent le corps d'une pommade rouge (faite avec le fruit du Roucou) qui leur sert de crème solaire et leur permet d'éviter les piqûres d'insectes.
Autrefois constituée de nombreux clans éparpillés sur un vaste territoire, la population wayana est tombée à 1400 personnes environ (2004). Autrefois, les villages réunissaient 20 à 30 personnes, le long des grands cours d’eau. Ils changeaient de lieu environ tous les sept ans, guidés par les anciens. Aujourd’hui, les Wayanas se sédentarisent et les villages atteignent ou dépassent les 100 personnes. Quelques maisons avec murs, sur pilotis sont apparues, mais la plupart sont des habitats légers. Les Wayanas ont toujours vécu de la pêche et de la chasse et leur culture est très proche de celle des Arawaks. Ces habitudes alimentaires, notamment le fait de manger énormément de poisson, a des conséquences dramatiques aujourd’hui sur la santé des Wayanas. En effet les chercheurs d’or venus du Brésil utilise le mercure pour repérer le métal dans les fleuves et empoisonnent tous les cours d’eau des régions où habitent les Wayanas. On dénombrait plus de 10000 orpailleurs clandestins en 2004 qui n’hésitent pas de surcroît à menacer, à piller et même à tuer les indiens. Depuis 20 ans, ces derniers sont très affectés par des maladies et des malformations provenant de l’ingestion du mercure. Malgré les efforts de l’administration française, l’action de nombreuses associations de défense et la médiatisation de ce problème, les indiens Wayanas, qui sont les derniers descendants des indiens des Caraïbes semblent bien comme leurs ancêtres promis à une disparition atroce liée une fois de plus à ce que l’on a l’habitude d’appeler "la civilisation" ...