Sur la piste rouge | Bloguez.com

The Spirit of Mesa Verde

Added 7/6/2011


John Ford,monument valley


Lorsque John Ford posa les yeux pour la première fois sur Monument Valley, en 1938, alors qu'il cherchait un décor naturel pour son western La Chevauchée fantastique, il en eut le souffle coupé. Il venait de tomber sur ce qui allait devenir un emblème cinématographique.

Les buttes spectaculaires et les étranges pitons de pierre se découpant sur le vaste ciel de l'Ouest ne tardèrent pas à se transformer en symboles visuels de la Frontière américaine. Les metteurs en scène et le public ne se lassèrent pas de Monument Valley. Elle apparut dans plus de 60 films, dont 6 autres westerns de John Ford, ainsi que dans d'innombrables publicités et programmes télévisés. Les Navajos des environs firent de la figuration.
Monument Valley se trouve dans une région connue sous le nom de Four Corners car c'est le point de jonction de quatre Etats, l'Arizona, l'Utah, le Colorado et le Nouveau-Mexique. C'est une contrée squelettique où la Terre laisse pointer ses os nus vers le ciel. Le sol rocailleux et dépouillé est marbré de couleurs minérales, rouille, vert-de-gris, ocre, rose, rouge, noir, rouge-orangé. Une véritable mise en scène géologique vous attend à chaque détour, les volcans et les plaques lithosphériques en mouvement ont créé toutes sortes de mesas, de crêtes déchiquetées et de montagnes tordues. Les rivières ont creusé des canyons spectaculaires, Zion Canyon, Bryce Canyon, Marble Canyon, le canyon de Chelly, sans oublier le plus imposant, le Grand Canyon.

Monument Valley

Je suis arrivé de Las Vegas dans une diligence à ma façon, c'est-à-dire en camping-car, ce que les Américains nomment un RV (recreational vehicle, véhicule de loisir). C'est une énorme bête, on n'y entre pas, on monte à bord. On peut mettre des malles sur le toit. Si le besoin s'en faisait sentir, je pourrais tirer sur des Indiens par la vitre arrière en équilibre sur deux roues. A Monument Valley, ma diligence se sent chez elle.
La région des Four Corners est l'une des moins peuplées du continent. De temps à autre, sur une autoroute déserte, apparaît le portail d'un ranch... deux montants déglingués avec un nom sur une planche. Mais les ranchs, quelque part à l'horizon, sont bien trop loin pour qu'on les distingue. La réserve navajo, dont l'étendue couvrirait l'Etat du Connecticut (12 850 km2), occupe environ un quart de la région des Four Corners, mais sa population ne dépasse pas les 250 000 âmes. Je pourrais passer des heures dans ma diligence sans voir autre chose qu'un ou deux pick-up conduits par des cow-boys.
Il n'en a pourtant pas toujours été ainsi. Si vous vous arrêtez assez longtemps au milieu des formations rocheuses surréalistes de Monument Valley, vous constatez que le sol est souvent jonché de tessons de poterie. Il y a sept siècles, la région des Four Corners abritait une civilisation indienne sophistiquée que les Navajos, arrivés des siècles plus tard, ont appelée culture des Anasazis (les Anciens). Ces agriculteurs habitèrent la région pendant plus d'un millénaire. Puis, vers 1300, ils sont soudain partis vers le sud en abandonnant leurs terres, leurs villages permanents (pueblos), leurs champs et les tombes de leurs ancêtres.

Monument Valley,amerindiens

Depuis le départ des Anasazis, personne n'habite plus à Mesa Verde (Colorado). Ce plateau magnifique, traversé de profonds canyons, s'élève à plus de 760 mètres au-dessus des plaines environnantes, et son faîte est incliné au sud, vers le soleil. La route traverse des forêts de pins, de genévriers et de trembles. Un aigle royal dessine des cercles dans le ciel. Je gare ma diligence sur le plus haut sommet pour contempler les montagnes de quatre Etats. Puis, en compagnie d'un guide ranger, je descends vers l'un des villages anasazis installé dans la niche de la paroi d'un canyon. Sur les versants verticaux de la roche, je distingue les marques laissées par les orteils des Anasazis, qui, visiblement, se déplaçaient à la façon de Spiderman.
Les ruines de pierre sont impressionnantes,  on distingue des maisons, des remises, des tours et des kivas circulaires qui ressemblent fort à de confortables pubs. Ces vestiges évoquent un peuple à l'apogée de sa culture - architecture sophistiquée, poterie fine, textiles tissés, agriculture irriguée -, un peuple qui bâtissait pour les générations à venir. Et pourtant, cinquante ans à peine après la construction de leur cité, les Anasazis ont abandonné tout le territoire. "Nous ne savons pas pourquoi", me dit mon guide en haussant les épaules. "La sécheresse, la guerre, la dégradation de leur environnement ? Aucune de ces théories ne l'explique de façon satisfaisante. Certains croient que, pour une raison inconnue, ils en étaient venus à penser que les dieux les avaient abandonnés. Les Anasazis seraient partis les chercher. Ils cherchaient Dieu."
A 160 kilomètres au sud, dans le canyon de Chelly (Arizona), mon guide navajo examine les traces laissées par les animaux dans le lit d'une rivière asséchée. "Juste un raton laveur, me dit-il. Mais regardez, il est suivi par un renard."
Le canyon de Chelly est l'âme de la nation navajo. Il n'y a pas de route et on ne peut y entrer qu'avec un guide navajo, à cheval ou en 4 x 4, ou bien, comme moi, à pied.

Canyon De Chelly

Le canyon, dominé par les falaises, est un monde magique, indépendant et hors du temps. Le long du sol sablonneux, des ruisseaux alimentés par des sources serpentent à travers les peupliers, les tamaris et les oliviers, dont les feuilles prennent des reflets argentés au soleil. Les geais à gorge blanche dansent dans les vergers de pommiers et de pêchers. Dans les saillies de la falaise subsistent les ruines des villages anasazis. Les cris des corbeaux tombent des hauteurs avec un bruit d'éboulis. Tully, mon guide, montre du doigt les peintures sur les murs de pierre, un huit dessiné en petits points, représentant les phases de la lune, des joueurs de flûte, une antilope, l'empreinte de mains, des cercles concentriques. Il ne peut les expliquer, leur signification a disparu avec les artistes anasazis.
"C'est quoi, le dessin tout au bout ?" demandé-je.
"Un danseur-serpent. Les Anasazis dansaient avec des serpents pour faire tomber la pluie."
Je lui demande comment il le sait.
"Par les Hopis, me répond-il. Aujourd'hui, leurs faiseurs de pluie dansent encore avec des serpents."
Les Hopis (Indiens Pueblos de l'Ouest) ont la réputation d'être les Greta Garbo des nations indiennes, fascinants mais insaisissables. Leur réserve, enclavée, est comme une île au milieu des terres navajos, les deux nations se querellent depuis plus d'un siècle pour des problèmes de territoire. Les Hopis, l'une des nations les plus traditionnelles et leurs cérémonies religieuses élaborées fascinent les anthropologues depuis longtemps, sans parler des ethnographes et des doux dingues new age persuadés d'avoir été des guerriers hopis dans une vie antérieure. Je dirige ma diligence vers l'ouest, en suivant le vieux sentier Old Onate à travers une plaine jaune et sans arbres. La route, aussi droite qu'une règle, est ponctuée par une ligne solitaire de poteaux télégraphiques et quelques clôtures tentant vaguement d'enfermer 520 000 hectares de désert.
Pour 10 000 Hopis, c'est ici le centre de l'univers. Aux yeux de l'étranger, c'est la cambrousse la plus paumée qui soit. A l'horizon, sous un immense ciel zébré de nuages, se dressent trois plateaux baptisés fort efficacement First, Second et Third Mesa (première, seconde et troisième mesa), sur lesquels se dressent les 13 villages de pierre des Hopis. Distants de 15 kilomètres à peine, ils fonctionnent comme autant de pays indépendants, avec des habitants parlant leur propre dialecte. On dirait que les Hopis ne font pas plus cas les uns des autres que s'ils étaient des étrangers les uns pour les autres.
Ma diligence gravit avec peine la route abrupte menant au village de Walpi, sur First Mesa. Datant de 1680, Walpi est un village qui a été érigé selon les critères hopis. Les maisons de pierre, accrochées au faîte des falaises entre d'étroits sentiers entrelacés, rappellent les ruines anasazis. Une matriarche hopi me fait visiter le village. C'est une femme carrée aux longues jupes et dont le foulard encadre un visage plat couleur de cuivre. Mes questions sur la religion hopi ne provoquent que des réponses laconiques : les célèbres cérémonies ont pour but d'accueillir toute une série d'esprits, les ancêtres morts qui vivaient dans les San Francisco Peaks, à 110 kilomètres à l'ouest. Ils viennent tous les ans dans les terres hopis, à la saison des cultures, pour y apporter pluie et fertilité. Les katchinas, forme d'art majeure des Hopis, et les danseurs masqués, au centre de ces cérémonies, sont des représentations de ces esprits.
Nous en venons à parler des Anasazis et de leurs villages dans la falaise, et du mystère de leur brusque disparition. "Ce n'est pas du tout un mystère, me dit-elle. Les Anasazis n'ont pas disparu. Ils sont venus ici, dans ces terres. Si c'est les Anasazis que vous cherchez, alors vous les avez trouvés." Elle monte dans un pick-up Dodge et fait rugir le moteur. "Je dois y aller", me dit-elle, en me serrant la main par la fenêtre ouverte. "Cette Anasazi est en retard pour le dîner."

Récit de Stanley Stewart (The Daily Telegraph)

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Hualapai - Grand Canyon Skywalk

Added 9/5/2011


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Les Hualapai sont une tribu amérindienne vivant dans le nord-ouest de l'Arizona. Leur nom est dérivé du mot "hwal" ce qui désigne le pin. Hualapai signifie donc "le peuple des hauts pins".
Cette communauté est gouvernée par le Conseil tribal des Hualapai qui comprend un président, un vice-président et sept autres membres du conseil. L’application de la loi y est assuré par le département de Police Hualapai, crée en 2002.

L’économie tribale repose sur le tourisme, le rafting, le bétail d’élevage en ranch, les expéditions de chasse, ainsi que de l’artisanat traditionnel et des arts modernes populaires.

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Les Indiens Hualapai de Peach Springs en Arizona, ont fait construire sur leurs Terres, au bord du Grand Canyon, une passerelle d’acier et de verre en forme de fer à cheval surplombant 1220 mètres de vide, fournissant aux visiteurs un point de vue vertigineux sur le Grand Canyon. Cette attraction touristique est apellée le "Grand Canyon Skywalk".
Les Hualapai ont vécu 1400 ans en harmonie avec le fleuve Colorado et les falaises abruptes du canyon. Ils pensent qu'il est de leur devoir de faire partager la beauté de la nature, le canyon est un endroit très spirituel et puissant mais il devrait être partagé par tout le monde.
Le Skywalk en forme de fer à cheval est implanté à Eagle point un lieu chargé d'histoire, en effet c'est à cet endroit qu'un garçon c'est transformé en aigle selon la légende.
Le projet et la réalisation du Skywalk ont provoqué des controverses, aussi bien au sein de la tribu Hualapai que de la part des écologistes.
Les opposants au sein de la tribu considéraient que le Skywalk allait perturber un lieu sacré. Les partisans du projet au sein de la tribu indiquaient pour leur part que c'était une occasion de générer l'argent nécessaire pour combattre les problèmes que connaît la petite réserve de 2 000 individus avec un taux de chômage de 50 %, un alcoolisme largement répandu et la pauvreté. D'autres membres de la tribu, favorables au Skywalk, exprimèrent leur inquiétude sur la possibilité d'un sur-développement et l'épuisement des ressources qu'il pourrait provoquer — l'eau utilisée à la fois pour le développement et le voisinage du Grand Canyon National Park n'est pas prise dans le Colorado, mais est transportée par aqueduc ou par camion.

skywalk2

D'autres personnes en dehors de la tribu, y compris des groupes écologistes de l'Arizona et d'anciens responsables du parc national, ont exprimé leur préoccupation ou leur opposition à un projet qui dénaturerait un site naturel exceptionnel.
Pour certains, il était paradoxal que les Hualapai, qui s'étaient toujours voulu les meilleurs protecteurs et administrateurs du Grand Canyon, aient finalement décidé de l'exploiter ainsi.
A cela, les chefs tribaux répondent que les 4,5 millions de visiteurs annuels du parc surchargent déjà le secteur et que la tribu a également besoin de revenus.
La réserve de la tribu, qui s'étend sur 400 000 hectares, attire quelques 200 000 visiteurs par an. Or, elle ne facture que des mariages sur le bord du canyon et des sauts de cascadeurs. La tribu n'avait pas réussi précédemment à rentabiliser l'ouverture d'un casino.

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Le Skywalk fournit une vue plongeante sur l’abîme et le fleuve au fond, et donne l’impression de marcher en l’air...
La construction débuta en mars 2004. Le Skywalk fut poussé au-dessus du canyon le 7 mars 2007 après avoir passé plusieurs jours de tests de résistance reproduisant des conditions météo qu'il serait susceptible de rencontrer sur le site. La structure a été conçue pour résister à des vents de 160 km/h et à un tremblement de terre de magnitude 8. Pour le confort, des amortisseurs de masse sont utilisés pour amortir les vibrations provoquées par le vent et les visiteurs.
Il en coûte 85 dollars pour y faire un tour d’un quart d’heure (péage d’entrée dans la réserve inclus). Le nombre de visiteurs est d'environ 1 500 par jour.

Les Hualapai espèrent bâtir autour de cette attraction tout un complexe touristique du genre du Grand Canyon Village. Mais, trop proche de Las Vegas, le Skywalk attire essentiellement des visiteurs à la journée, qui font l’aller et retour en hélicoptère depuis la capitale du Nevada. Et qui consomment moins que prévu sur place.
La plateforme, qui a coûté 31 millions de dollars, s’avère difficile à rentabiliser. Il y a des chances que les Indiens Hualapai, à terme, se rendent compte qu’ils ont défiguré la montagne pour rien…

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Calusa Heritage Trail

Added 6/4/2011


Florida's Calusa

De nombreux scientifiques et chercheurs pensent que Mound Key était "Calos",  la capitale des Indiens Calusa.
L’emplacement des monticules et la disposition du système de canaux servent de base à cette théorie.
Les maisons étaient construites sur les crêtes et les sommets, d’abord celles des Indiens, des pêcheurs espagnols, puis celles des Européens au 20e siècle, chaque groupe ayant modifié à sa façon le paysage.

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Les vestiges de la vie quotidienne des Calusa au cours des siècles révèlent le monde fascinant et complexe qui existait avant l’arrivée des Européens.
Ce qui rend ce site si intéressant, c’est que ses dépôts submergés conservent mieux les objets de fouille que ne le font les sites archéologiques à l’air libre.
Une simple poignée de sable peut révéler des morceaux de poterie ou de coquillages qui aident les archéologues à résoudre le gigantesque puzzle du passé.

Pineland est un autre site archéologique que les Calusa ont occupé pendant plus de 1500 ans. Aujourd’hui, le Randell Research Center à Pineland englobe 97 hectares du village original.
Les scientifiques du monde entier viennent ici étudier les énormes monticules de coquillage qui surplombent les eaux de Pine Island Sound et les vestiges de centaines d’années de la vie d’un village indien qui jonchait les pâturages et les vergers d’agrumes.

calusa_trail

Les plages de Sanibel et son île sœur Captiva, que les explorateurs espagnols du XVIe siècle appelaient déjà Costa de Carocles (côte des coquillages), recèlent aujourd'hui encore une impressionnante quantité de coquillages multicolores.

Sanibel et Captiva furent découvertes au XVIe siècle par des navigateurs espagnols. Ces derniers ne s'établirent cependant jamais sur ces îles qu'ils abandonnèrent aux Amérindiens Calusa.
Entre terre et océan, de Bonita Springs à Caya Costa, tout un réseau de canaux naturels permet de naviguer entre îlots de palétuviers et criques secrètes, à l’écart des lieux civilisés où une abondante faune et flore sauvages y prospère.
Il y a 2000 ans, les Indiens Calusa, les premiers habitants de cette région, avaient déjà emprunté ce même réseau hydrographique à bord de leurs embarcations...

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