Le respect de la nation Cherokee…….ne dura que 40 années La nouvelle nation entretient des rapports complexes avec les premiers habitants de cette partie du monde. Ces relations sont en contradiction avec les idéaux proclamés dans les textes fondateurs de la démocratie américaine. La conquête de l'Ouest au XIXe siècle pose le problème de l'appropriation des terres indiennes et de leur déclin démographique. Jusqu’en 1830, la nation Cherokee fut considérée comme un véritable partenaire des Etats-Unis naissantes... Les Américains proposent également la création d'un état cherokee et offre des garanties d'inaliénabilité. Mais Washington n'a pas le pouvoir de faire respecter ces engagements par les colons qui empiètent sur les terres indiennes. Une grande partie des Amérindiens préfère quitter leur territoire d'origine pour s'établir plus à l'ouest.
Traduction de la proclamation de Thomas Jefferson, alors Secrétaire d’Etat du premier président George Washington, datée du 12 décembre 1792 "J’ai reçu des informations authentiques, selon lesquelles certaines personnes sans foi ni loi et particulièrement mauvaises de la Frontière ouest dans l’Etat de Géorgie ont récemment attaqué , brulé et détruit une ville appartenant à la nation Cherokee, qui est une amie des Etats-Unis, et ont tué plusieurs Indiens de cette Nation. Une telle conduite scandaleuse non seulement viole les droits de l’homme mais aussi met en danger la paix publique ; il est de l’honneur et de la bonne foi des Etats-Unis d’utiliser tous les moyens légaux pour punir ces criminels atroces.
J’ai donc estimé nécessaire de diffuser cette proclamation en exhortant les citoyens des Etats-Unis et en demandant à tous les agents publics en fonction de leur affectation de mettre en œuvre tout ce qui est possible pour arrêter ces criminels et les faire passer devant la justice et de plus j’offre une récompense de 500 dollars pour chaque individu qui sera appréhendé … Fait dans la ville de Philadelphie, le 12° jour de décembre de l’année de notre Seigneur 1792 et de la 17° année de l’Indépendance des Etats-Unis , pour le Président, Thomas Jefferson"
En 1830, l'Indian Removal Act inaugure la politique de déplacement des populations indiennes toujours plus vers l'Ouest. Le président de l'époque, Andrew Jackson, fait voter une loi déportant les Indiens vivant à l'Est du Mississippi à l'Ouest de ce fleuve, principalement en Oklahoma, afin d'exploiter l'or situé sur leurs territoires, dans l'Ohio et installer les migrants venus d'Europe.
L'état de Géorgie met en place des lois répressives et met en vente les terres indiennes en 1834. Les Cherokees sont déportés d'abord en Arkansas puis en Oklahoma, cet épisode est connu comme celui de la Piste des Larmes en 1838-1839
Au sud-est des Etats-Unis, à ce qui correspond aujourd’hui à l’ouest de la Virgine, l’est du Kentucky et du Tennessee, le nord de la Géorgie et de l’Alabama se trouvaient les terres des Cherokees. Comme leurs lointains cousins Iroquois du nord du pays, leur culture était matriarcale, des clans se formant autour des femmes qui désignaient les chefs à la tête des conseils tribaux au fonctionnement quasi démocratique. Ce sont elles qui possédaient la terre et les maisons au toit de chaume éparpillées au sein de petits villages. Ces Indiens sédentaires étaient de bons fermiers, ils pêchaient dans les rivières descendant des montagnes et chassaient toute sorte de gibier.
Maison Cherokee en Oklahoma
A la fin de la guerre d’indépendance des Etats-Unis en 1783, la plus importante communauté Cherokee occupait le Nord ouest de la Géorgie. Même s’ils maintenaient leur indépendance tribale, les Cherokees assimilèrent la culture occidentale ainsi que la langue, le mode vestimentaire et l’éducation. Certains développèrent leurs exploitations pour en faire des plantations et cultivèrent des céréales se vendant à bon prix. Ils signèrent des traités avec le nouveau gouvernement américain et combattirent avec lui notamment contre les anglais dans l’espoir de conserver leurs terres ancestrales.
Sequoyah
Grace à SEQUOYAH, ils inventèrent un alphabet Cherokee de 80 signes, qui fut largement utilisé et en 1828 fut créé le journal, le Cherokee Phoenix, qui proposait à ses lecteurs des articles en langue anglaise et en langue Cherokee. Sous l’impulsion de leur Chef JOHN ROSS, la nation cherokee se dota d’une constitution, d’un pouvoir exécutif et d’une véritable organisation administrative avec ses écoles et ses institutions.
Trail of Tears
Jusqu’en 1830, la nation Cherokee fut considérée comme un véritable partenaire des Etats-Unis naissantes (cf la proclamation de Thomas Jefferson dans article prochain). Mais avec le Removal Act, la déportation des Cherokees dans les réserves du Territoire Indien, l’actuel Oklahoma, et le massacre de milliers d’Indiens durant le long voyage de l’hiver 1839, appelé « la piste des larmes » (trail of tears), ce qui aurait pu et du être une intégration réussie se termina comme pour les autres tribus indiennes par un quasi-génocide. L’avidité des blancs pour ces riches territoires avait eu raison de l’espoir des Cherokees.