Le sage est comme un enfant qui se tiendrait sur les hauteurs d'une montagne Et jouerait avec le soleil et les orages en riant Tous les pouvoirs lui sont donnés Il invente un nouveau langage, dialogue avec le vent Crée de nouveaux univers, parle avec ses rêves Mime le vol d'un oiseau ou la démarche burlesque de l'ours Il se moque de ses propres angoisses Il observe ses émotions, ses sensations Comme on observe les fleurs d'un jardin Il habite un nuage doré où la mort ne pénètre pas
...Nous continuons à respirer, à marcher Mais plus lentement maintenant Les nuages tournoient au-dessus de nous Que pouvons-nous dire qui ferait mieux comprendre Ce que nous voulons vous dire Sinon parler de sa terre natale et de la revendiquer Comme notre propre histoire. Et sachez que nos rêves Ne s'arrêtent pas là, deux pâtés de maisons plus bas Au bord de l'océan où nos coeurs Battent toujours la plage souillée
Je pense à la prison de la sixième Avenue Peuplée principalement d'Amérindiens et de Noirs Où Henry m'a raconté qu'on lui avait Tiré dessus à huit reprises alors qu'il sortait D'un bar de L.A., mais que lorsque la voiture fut passée Il fut étonné d'être toujours en vie Aucune balle au but, mec, et huit douilles Eparpillées sur le trottoir Autour de lui...
Tout le monde a ri de cette absurdité C'était la vérité pourtant. Mais qui voudrait croire La fantastique et terrible histoire De tous nos survivants De tous ceux qui n'avaient jamais espéré survivre
La nuit dernière, elle m’a appelé et m’a parlé De la lune brillant au dessus de la Baie de San Francisco Ici à Albuquerque elle se reflète, rejetée Dans un ciel froid, sombre au dessus de l’eau Son reflet éclaire nos toits Orange, après la moisson Le vent et le froid des prochains mois Sera bientôt à la porte de nos maisons Je la regarde avec les enfants La brise du soir souffle dans mes cheveux La lune vient de l’est, lumière des champs Elle est nue et si belle, nous sommes heureux De la voir, de la sentir, si proche de nous Regardez, nous sommes vivants La femme Lune nous regarde tous Nous la regardons et elle nous sent...
Ojibwa village at Sault Ste Marie in 1846 Painting by Paul Kane (1810-71)
Il y a bien longtemps...
Il y a bien longtemps de ça L’homme et le loup parcouraient ensemble cette terre En respectant toutes les formes de vie Ils étaient en harmonie avec le plan de notre Créateur Les être humains qui vivaient là alors s’appelaient Ojibwa Leur principal village était appelé "Moningwunakauning" Cela signifiait "la maison du pic vert" Ils apprenaient beaucoup de choses à leurs enfants Ils faisaient offrande de nourriture et de tabac au Grand Esprit Quand la vie d’un animal devait être prise Chaque élément de son corps était utilisé Les Ojibwas avaient énormément de respect pour la sagesse des anciens Tout être vivant dans les lacs ou dans les forêts n’était jamais maltraité Les grands lacs leur apportaient les poissons dont ils avaient besoin A l’automne ils chassaient le gibier et récoltaient le riz sauvage Au printemps ils récoltaient la sève des érables pour en faire un sirop En été, ils cueillaient les fraises et les myrtilles sauvages Et construisaient leurs solides canoës avec du bois de bouleau Cette vie simple, en accord avec la nature, les rendait joyeux Ils prenaient à la nature seulement ce dont ils avaient besoin Ils savaient qu’aucun humain ne peut posséder la terre Ils se contentaient de suivre la loi de vie du Créateur Jusqu’à ce que leur mode de vie fut bouleversé par l’homme moderne Alors de façon inhumaine et cruelle, au milieu du XIX° siècle Le gouvernement US a commencé par confisquer leur forêt et leur terre Pour ensuite les confiner dans de petites réserves En leur supprimant leurs droits de chasse et de récolte Leur mode de vie ancestral était fini, une vie qu’ils considéraient merveilleuse Et leur frère le loup, qui avait accompagné autrefois leurs ancêtres sur cette terre Fut lui aussi chassé et pratiquement exterminés dans ces bois Il semble que l’humanité continue de profaner et de détruire la nature En ne prenant jamais le temps de penser à l’ordre naturel ou aux bienfaits naturels Quand je me promène aujourd’hui dans cette région de grands lacs En particulier lorsque je me lève en regardant fixement les flammes de mon feu Je peux encore les voir et les entendre, vivant dans le bonheur ici Et apprendre leur philosophie de la vie est mon plus cher désir Je ne suis qu’un étudiant de la culture amérindienne Mais je pense que c’est notre responsabilité de sauvegarder notre terre Les générations futures risquent, sinon, de connaître très peu de choses Du plan naturel très ancien mais merveilleux de notre Créateur
La nuit douce de ce long été indien Enveloppe les plaines ternes, mais bruyantes Aucun oiseau, mais sans cesse le refrain Des insectes partout sur cette étendue ondoyante
D'abord le grincement de la sauterelle, et au loin Dans les érables, les locustes percent le silence Sous une lune qui décline, éclairant de moins en moins Comme fatiguée par trop de présence
Souvenez-vous de ces voix d'insectes, de ces sons Des grandes herbes enchevêtrées, des couleurs chatoyantes Souvenez-vous que l'hiver apportera bientôt ses frissons Son manteau de neige, son silence, son attente....
Au delà du murmure de mon âme, j'entends la nature vibrer Alors que je regarde les champs qui se reposent après la moisson Comme ceux qui regarde longtemps dans les yeux de l'être aimé De peur de l'oublier avec le changement des saisons