La citrouille, et les courges d'hiver en général, ont fait partie du quotidien et de la religion chez les peuples des deux Amériques. Ce sont les Amérindiens qui ont fait connaître ce légume versatile aux premiers arrivants. C'est eux qui leur ont appris les multiples usages puisqu'ils la cultivaient depuis plus de 8 000 ans. Ils la firent connaître aux Conquistadores qui l'emportèrent en Europe.
La courge a joué un rôle prépondérant dans l'agriculture amérindienne. Avec le maïs et le haricot, la courge fait partie du monde mythique de la fondation et de l'introduction de l'agriculture. On la vénère et de nombreuses cérémonies ont lieu à la période des semences et de la récolte.
Chez les Indiens Mandan, quatre ancêtres vinrent un jour des profondeurs de la terre pour leur apprendre l'art de l'agriculture. Le plus jeune, qui avait pour nom "Tête chauve comme un hochet en calebasse", apporta la courge. C'est le chef "Manteau bien fourré" et prêtre du maïs qui apprit aux habitants de la terre à cultiver les champs; il distribua des graines de maïs, de haricot, de courge et de tournesol entre les familles pour qu'elles ne puissent jamais mourir de faim.
Les Indiens Navajo appliquaient sur les brûlures une purée de citrouille afin de couper l’effet.
Chez les Indiens Cherokee, la citrouille et autres courges d'hiver avaient dans leurs entrailles des pépins précieux qui, infusés, permettaient de guérir les coliques, diminuer les pierres aux reins, calmer la fièvre et les problèmes urinaires, réduire l'oedème, etc. Une poignée de pépins broyés, infusés dans 1/2 litre d'eau bouillante à couvert pendant 20 min. sur feu doux et 30 min. de repos hors du feu faisaient des merveilles.
Mais surtout, les tranches de citrouille faisaient un malheur posées sur la tête d'un malade atteint d'une crise de délire. Étonné, sidéré de se retrouver coiffé d'une citrouille, ce cucurbitacée avait la propriété de créer un choc psychique sur le malade et remettait d'aplomb les esprits les plus dérangés… c'est ce que racontaient les médecins sorciers de l'époque...
Noms géographiques d'origine amérindienne L'Amérique du Nord était peuplée de tribus amérindiennes avant l'arrivée des colons européens. Une partie des lieux naturels (cours d'eau, montagnes, etc.) furent nommés officiellement à partir des noms que leur donnaient ces tribus. Les Algonquins furent parmi les premières tribus au contact des émigrants, c'est souvent le terme de cette langue qui passa alors dans la langue des colons.
Michigan, état des États-Unis est un lac (de l'algonquin "metchagamiwi", la grande mer) Mississippi, état des États-Unis et plus grand fleuve de ce pays (de l'algonquin "mitchisipiwi", la grande rivière) Missouri, plus longue rivière des États-Unis et affluent du Mississippi. Ottawa, capitale du Canada (de l'algonquin "adawe", commercer, c'est le nom qu'on donnait au peuple qui contrôlait le commerce sur la rivière) Québec, ville du Canada et nom de la province francophone du Canada (de l'algonquin "kebek", la région qui entourait la ville de Québec, terme qui décrit un passage étroit ou un détroit, soit le rétrécissement du fleuve Saint-Laurent au cap Diamant)
Ce n’est pas le moindre paradoxe que la moitié des Etats faisant partie des Etats-Unis tirent leur nom de lieux ou de tribus indiennes : - Alabama, vient du nom de la rivière Alabama, qui était aussi le nom de la tribu indienne locale, - Alaska, est une déformation du nom indien Aleut, qui signifiait "grande terre" ou "terre sur laquelle viennent se briser les vagues" - Arizona, vient de l’expression des Indiens O’odham, qui veut dire "petit saut" - Arkansas, est un terme issu des Indiens Quapaw - Connecticut, correspond au nom indien "Quinnehtukqut" qui signifie "à coté du long fleuve à marées" - Illinois, expression algonquine signifiant "la tribu des hommes supérieurs" - Iowa, nom provenant des Indiens Loway et nom de la rivière Iowa - Kanzas, vient d’un nom Sioux signifiant "le peuple du vent du sud" - Kentucky, provient de l’expression iroquoise Ken tah ten qui signifie "le pays de demain" - Massachussets, est le nom de la tribu des Massachusset est signifiait "autour de la grande colline" - Michigan, mot indien signifiant "grand lac" - Minnesota, expression Dakota signifiant "eau à la couleur du ciel brumeux" - Mississippi, nom indien voulant dire "Père des eaux" - Missouri, nom de la tribu des Missouri, signifiant "village des grands canoes" - Nebraska, nom indien Oto signifiant "eau calme" - Dakota du Nord (et du Sud) nom sioux signifiant "amis ou alliés" - Ohio, nom iroquois signifiant "grande rivière" - Oklahoma, vient de deux noms Choctaw signifiant "peuple rouge", l’Oklahoma fut dans un premier temps la grande réserve indienne (1830) appelée pour la circonstance Indian Territory - Tennessee, est un nom Cherokee - Texas, est un nom indien qui veut dire "amis" - Utah, nom provenant des Indiens Ute et signifiant "peuple des montagnes" - Wyoming, nom des Indiens Delaware signifiant "paysage de montagnes et de vallées"
Par ailleurs un nombre très important de villes et d’endroits très connus tirent leur nom d’une origine indienne, en voici quelques exemples : - Chicago, est un nom algonquin signifiant "champs d’ails" - La baie Chesapeake au sud de Washington ets le nom d’un village algonquin - Malibu, en Californie, vient des Indiens Chumash - Manhattan est un nom algonquin signifiant "endroit isolé dans les eaux" - Milwaukee, dans le Wisconsin, est un nom algonquin voulant dire "un bon endroit" - Les chutes du Niagara viennent du nom du village algonquin "Ongiaahra" - La ville de Saratoga tire son nom d’une expression Mohawk signifiant "chute d’eaux tombant de la colline"
Mots français d'origine amérindienne Il existe de nombreux mots français d'emprunt d'origine amérindienne. Ils ont été intégrés au lexique des langues d'Europe dont le français à la suite de la découverte du Nouveau Monde à la fin du XVe siècle, qui a fait découvrir en Occident de nouvelles plantes et de nouveaux animaux qu'il fallait désigner. L'espagnol ou le portugais sont les langues-vecteurs de tels termes, en vertu du traité de Tordesillas, qui a attribué au Portugal ou à l'Espagne le bénéfice des régions amérindiennes conquises. Parfois, avant de nous parvenir via le portugais ou l'espagnol, ils ont pu passer par d'autres langues, comme l'anglais. Finalement, certaines expressions sont passées directement par le français, via leurs colonies américaines. 1. Plantes •acajou (1578, du tupi). Deux arbres portent ce nom, dont l'étymologie est assez confuse •ananas (1544, du tupi-guarani (a)naná, passé par le portugais) ; on remarquera que c'est le mot utilisé aussi en hindî alors que les colonisateurs anglais ont leur pineapple •avocat (1684, du nahuatl par l'espagnol avocado) •caoutchouc (1736, langue du Pérou difficile à déterminer) •cacao (1532, du nahuatl cacahuatl par l'espagnol) •cacahuète (1801 du nahuatl tlacacahuatl par l'espagnol) •cajou (1842, du tupi cajù); dérive de acajou autre nom de l'anacardier, arbre dont il est le fruit •catalpa (1771, d'une langue de Caroline via l'anglais ) •coca (1568, de l'aymara par l'espagnol) •copal (1762, du nahuatl copalli par l'espagnol) •chocolat (1598, du nahuatl xocolâtl, par l'espagnol) •goyave (1835, de l'arawak guayaba par l'espagnol) •haricot (1628, du nahuatl ayacotl) •maïs (1568 de l'arawak mahiz, via l'espagnol) •manioc (1555, du tupi manioch) •nopal (1835, du nahuatl nopalli par l'espagnol) •palétuvier (1643, altération de appariturier lui même altération inexpliquée du tupi aparahiwa) •papaye (1579 probablement d'une langue caraïbe via l'espagnol) •patate (1582, de l'arawak batata par l'espagnol, entre autres, plusieurs formes s'étant croisées) •pécan (de l'algonquin) •peyotl (1880 du nahuatl via l'espagnol) •quinquina (1653, du quichua kinakina par l'espagnol quinaquina)
2. Animaux •alpaga (1932 probablement de l'aymara allpaca par l'espagnol alpaca) •ara (1558, du tupi arara ou du guarani araraca) •agouti (1578, du tupi acuti ou du guarani aguti) •cabiai (1741, du tupi capiigouare) •caïman (1588, probablement d'origine caraïbe par l'espagnol caymán) •caouanne (1643, probablement d'origine caraïbe par l'espagnol couana) •carcajou (1710, du micmac, Kwi'kwa'ju ou du montagnais karkaju]) •caribou (1834, du micmac kálibu, xalibú) •coati (1558, du tupi) •cobaye (1820, probalement du tupi sabúya par le portugais cobaya) •condor (1663, du quichua kuntur par l'espgnol) •cougar (1788, du tupi susuarana par le brésilien cuguacuara(h)) •guanaco(1598, du quichua huanacu par l'espagnol) •iguane (1658, de l'arawak ou du taino) •jabiru (1754 du tupi-guarani) •jacamar (1760 probalement du tupi-guarani) •jaguar (1761, du tupi jaguara ou januare) •kamichi (1835, du caraïbe kamityi) •kinkajou (1776], peut être issu du croisement du montagnais karka[ju] et de l'algonquin (langue) gwing-[waage] •lama (1637, du quichua par l'espagnol llama) •lamentin (1640, peut être ajout de l'article fémimin la au mot galibi manati) •margay (1765, du tupi-guarani maracaja ou mbaragaya) •nandou (1817, du tupi-guarani par l'espagnol) •ocelot (1640, du nahuatl ocêlôtl, qui désigne proprement le jaguar et non l'ocelot, passé par l'espagnol) •opossum (de l'algonquin wapathemwa) •paca (1622, du tupi pak) •pécari (1698, du caraïbe begare) •puma (1633, du quichua puma, par l'espagnol). •sapajou,sajou (1654, du tupi) •sarigue (1763, du tupi sarigué par le portugais sarigue(i)a) •sconse (1904, de l'algonquin shi-gaw par l'anglais skunks ) •tamandua (1640, du tupi par le portugais) •tamanoir (1756, du caraïbe tamanoa) •tamarin (1664, probalement du tupi) •tapir (1741, du tupi tapira) •tatou ('1553, du tupi tat) •toucan (1557, du tupi tucano) •vigogne (1640, du quichua vikuña par l'espagnol vicuña) •wapiti (1860, de l'algonquin par l'anglais)
3. Divers •anorak (1906, emprunté à l'inuit) •barbecue (1723, de l'arawak, par l'anglais, lui-même le tenant de l'espagnol ou directement par l'espagnol, deux formes s'étant croisées) •boucan, boucaner, boucanier (1578, du tupi mokaém); Le sens "bruit, débauche" vient de bouc. •cacique (1545 (de l'arawak par l'espagnol et l'italien) •cannibale (1515, de l'arawak caniba par l'italien et le latin moderne, le tenant de l'espagnol) •canoë, canot (1888 du taino par l'espagnol canoa) •carbet (1614, du tupi que les colons français ont apporté aux indiens caraïbes des petites Antilles) •curare (1758, du caraîbe urari par l'espagnol) •gaucho (1826, du quichua par l'espagnol d'Argentine) •guano (1598, de l'aymara et du quichua wanu via l'espagnol) •hamac (1659, du taino de Haïti par l'espagnol hamaca' et l'italien) •igloo (1927, transcription anglaise d'un mot inuit) •kayak (1851, emprunté à l'inuit) •mescaline (1934 dérivation en -ine de l'espagnol mescal emprunté au nahuatl mexcalli) •mocassin (mot algonquin mekezen) •ouragan (1640, du taino hurakán par l'espagnol huracán); Le mot anglais hurricane est de la même origine. •pampa (1716 de l'aymara et du quichua via l'espagnol) •papoose, petit enfant amérindien (de l'algonquin papoos) •pemmican (1836, de l'algonquin (du cree pimü) par l'anglais ) •pirogue (1638 du caraîbe piraugue par l'espagnol piragua) •poncho (1716 par l'espagnol qui l'a emprunté une langue non identifiée) •pow-wow (probablement du nagarransett powwaw désignant le chaman) •canada (par jacques cartier:explorateur francais en nouvelle france) signifie village en huron •sachem (1784, mot algonquin) •savane (1529, du taino de Haïti par l'espagnol çabana) •squaw (1688, de l'algonquin par l'anglais d'Amérique) •tipi (1928, de la langue des Sioux Dakotas par l'anglais d'Amérique tepee) •toboggan (1890, emprunté à l'algonquin du Canada par l'anglais d'Amérique) •tomahawk (1707, de l'algonquin par l'anglais d'Amérique) •totem (1833) probablement de l'algonquin par l'anglais d'Amérique) •wigwam (1688, de l'algonquin wikiwam par l'anglais d'Amérique) A suivre...
Petit clin d'oeil à Emmanuel ;) passionné par l'origine des mots