Souviens-toi du ciel sous lequel tu es né Connais l'histoire de chaque étoile Souviens-toi de la lune, sache qui elle est Je l'ai rencontrée une fois dans un bar à Yowa City Souviens-toi de la naissance du soleil à l'aube C'est le moment le plus fort Souviens-toi du crépuscule et de l'abandon de la nuit Souviens-toi de ta naissance, comment ta mère a lutté pour te donner forme et souffle Tu es le témoignage de sa vie, de celle de sa mère Et tu es elles toutes Souviens-toi de ton père, il est aussi ta vie Souviens-toi de la terre, de qui tu es la peau Terre rouge, terre noire, terre jaune, terre blanche Terre brune, nous sommes terre Souviens-toi des plantes, des arbres, des animaux Qui ont tous leurs tribus, leurs familles Leurs histoires, eux aussi, parle-leur Ecoute-les, ils sont des poèmes vivants Souviens-toi du vent, souviens-toi de sa voix Elle connaît l'origine de l'univers Une fois, j'ai entendu son chant Kiowa Pour la danse de la guerre à l'angle De la Quatrième Rue et de la Rue Centrale Souviens-toi que tu es tous les hommes Et que tous les hommes sont toi Souviens-toi que tu es cet univers Et que cet univers est toi Souviens-toi que tout est mouvement, tout grandit Tout est toi Souviens-toi que le langage vient de ceci Souviens-toi du langage qu'est la danse, la vie Souviens-toi
Ce sont les jours où les oiseaux sont de retour Très peu nombreux, un ou deux Pour refaire un dernier petit tour
Ce sont les jours où le ciel remet Sa vieille parure de juin Aux couleurs d'or et de violet
Mais cette astuce qui ne peut tromper l'abeille Me semble pourtant réelle Je crois au retour du printemps et du soleil
Jusqu'à ce que des vieilles graines apportent leur témoignage Et doucement à travers l'atmosphère changeante Une petite feuille timide tombent sous les nuages
Oh, dernière cérémonie des jours d'été Oh, dernière communion dans la brume légère Permettez à un enfant de vous rejoindre et de rêver
De partager vos emblèmes sacrés De briser avec vous le pain Et de goûter votre vin immortel et fruité
Traduction de l'oeuvre de Emily Dickinson [1830-1886]
Est-ce que nous nous sommes perdus Nous devons retrouver l’appel de la nature On ne peut entendre cet appel avec toutes ces blessures Qu’elle a du subir à cause de ces nouvelles tribus...
Nous devons retourner, non comme étrangers Mais comme gardiens de toutes ces choses qui font partie de nous Certaines sont parties à jamais, d’autres meurent partout D’autres crient leur souffrance et demandent pitié
Aussi, juste comme nos ancêtres qui respectaient Toute chose, grande ou petite, sous le même ciel Nous devons être les gardiens de la lune et du soleil Des étoiles qui brillent encore dans l’immensité
C’est pour elles, et notre respect en leurs pouvoirs Que nous devons élever la voix pour être entendu Nous ne sommes pas simplement indiens, mais membre d’une même tribu Nos pères vénéraient la nature, il nous faut faire partager cet espoir
La nature est le coeur de toute chose et de toute vie Chacun d’entre nous sort de son corps et a besoin d’elle Si nous l’empoisonnons, elle deviendra rebelle Et nous perdrons tout, notre futur, notre survie...
Traduction de l'Oeuvre de Georges Hunt Indien KIOWA
Il présente tous les matins son visage à la lumière de l'Est. Puis fait quatre pas vers le soleil, quatre pas qu'il accompagne chaque fois d'un souhait. Il se retourne pour faire face à l'Ouest, reprenant en sens inverse le même sentier, précédent ainsi l'astre soleil bien avant qu'il n'atteigne l'horizon.
Il veut ainsi démontrer qu'il ne pourra jamais revenir en arrière. Qu'il doit donc toujours aller de l'avant… Et que chaque jour qui naît est beau puisque l'on est en vie! Qu'importe le gâchis ou la victoire de la veille, chaque jour nouveau est l'occasion de mettre les choses à plat, de rattraper une erreur ou de tenter quelque chose.
Chaque jour est une offre de renouveau, de renaissance, une nouvelle occasion de faire partie du cercle de la vie.
Un bourdonnement aigu déchire la moiteur de l’été Regarde bien, plus près et tu pourras le voir Se mélangeant à la terre et à l’herbe fanée Recule toi, ne le dérange pas, il est porteur d’espoir...
Sa langue agile et ses yeux perçants guident son chemin Ils lui disent qu’un ami se tient tout près de lui Alors, il rentre ses dents impressionnantes, et soudain S’enfonce dans la forêt, en glissant sans bruit
Il est le serpent à sonnettes, le Crotale Sacré des Cherokees Il a une cloche disent les anciens Il se nomme Utsonati Son poison n’est pas pour nous, il n’est pas notre ennemi Son sifflement est simplement là pour prévenir ses amis...
Autrefois, c’était un guerrier que les Indiens Changèrent en serpent pour lui confier une mission Parce que le soleil en colère brûlait la nature et les humains Ils lui demandèrent d’essayer de lui faire entendre raison
Il partit dans la chaleur et rencontra le soleil Il le pria d’arrêter de lancer ses rayons meurtriers Il fit de son mieux pour le convaincre de quitter le ciel Et finalement devint un exemple pour tous les guerriers
Depuis il est l’incarnation de ceux qui luttent pour le bien Qui vivent comme des guerriers fiers et courageux Qui protègent leur peuple, leur village et leurs biens Et confortent le Cercle, au sein duquel chacun se sent heureux
Montre lui ton respect et souvient toi de lui Quand on te demande de servir pour les tiens Serais-tu capable de donner ta vie Comme l’a fait autrefois le Noble Utsonati pour les siens