Il ne s’agit pas d’une technique sophistiquée Ni d’une habilité particulière, mais de l’enthousiasme d’un enfant Associé à une concentration permanente et dévouée Qui me permet de donner vie à l’argile, progressivement Je sais que mes mains travaillent plus lentement Que mon désir de créer qui est intense Surtout lors des matins froids du début du printemps Lorsque l’argile et son esprit gardent le silence Et que mes doigts sont engourdis et hésitants Alors je ris comme un enfant en remarquant De la terre collée sur mes mains Refusant de se laisser séduire pendant un temps Et m’obligeant à recommencer sans cesse le même chemin Et puis je rêve à de nouvelles formes, de nouvelles histoires Entre moi et cette terre, dont je suis la nourrice Je deviens la femme de l’argile et de la boue, ce soir Je me permets toutes les fantaisies créatrices
Souviens-toi du ciel sous lequel tu es né Connais l'histoire de chaque étoile Souviens-toi de la lune, sache qui elle est Je l'ai rencontrée une fois dans un bar à Yowa City Souviens-toi de la naissance du soleil à l'aube C'est le moment le plus fort Souviens-toi du crépuscule et de l'abandon de la nuit Souviens-toi de ta naissance, comment ta mère a lutté pour te donner forme et souffle Tu es le témoignage de sa vie, de celle de sa mère Et tu es elles toutes Souviens-toi de ton père, il est aussi ta vie Souviens-toi de la terre, de qui tu es la peau Terre rouge, terre noire, terre jaune, terre blanche Terre brune, nous sommes terre Souviens-toi des plantes, des arbres, des animaux Qui ont tous leurs tribus, leurs familles Leurs histoires, eux aussi, parle-leur Ecoute-les, ils sont des poèmes vivants Souviens-toi du vent, souviens-toi de sa voix Elle connaît l'origine de l'univers Une fois, j'ai entendu son chant Kiowa Pour la danse de la guerre à l'angle De la Quatrième Rue et de la Rue Centrale Souviens-toi que tu es tous les hommes Et que tous les hommes sont toi Souviens-toi que tu es cet univers Et que cet univers est toi Souviens-toi que tout est mouvement, tout grandit Tout est toi Souviens-toi que le langage vient de ceci Souviens-toi du langage qu'est la danse, la vie Souviens-toi
Sur le chemin de l'école que nous parcourons, chaque jour Des enfants indiens avaient l'habitude de courir et de jouer C'était leur terre, devenue notre terre pour toujours Là où les maisons et les magasins ont tout remplacé
Avant cela, les arbres étaient très grands Et il n'y avait pas de voitures ou de rues Pas d'église ou de clocher dépassant Seulement des forêts à perte de vue
Que des tentes, des wigwams sur le sol Et, la nuit, les grognements et les cris des animaux Tout cela a bien changé autour de notre école Aujourd'hui les moteurs ont remplacé les clapotis de l'eau
Traduction du poème de Annette Wynne utilisé comme thème de leçon pour les élèves américains
Ojibwa village at Sault Ste Marie in 1846 Painting by Paul Kane (1810-71)
Il y a bien longtemps...
Il y a bien longtemps de ça L’homme et le loup parcouraient ensemble cette terre En respectant toutes les formes de vie Ils étaient en harmonie avec le plan de notre Créateur Les être humains qui vivaient là alors s’appelaient Ojibwa Leur principal village était appelé "Moningwunakauning" Cela signifiait "la maison du pic vert" Ils apprenaient beaucoup de choses à leurs enfants Ils faisaient offrande de nourriture et de tabac au Grand Esprit Quand la vie d’un animal devait être prise Chaque élément de son corps était utilisé Les Ojibwas avaient énormément de respect pour la sagesse des anciens Tout être vivant dans les lacs ou dans les forêts n’était jamais maltraité Les grands lacs leur apportaient les poissons dont ils avaient besoin A l’automne ils chassaient le gibier et récoltaient le riz sauvage Au printemps ils récoltaient la sève des érables pour en faire un sirop En été, ils cueillaient les fraises et les myrtilles sauvages Et construisaient leurs solides canoës avec du bois de bouleau Cette vie simple, en accord avec la nature, les rendait joyeux Ils prenaient à la nature seulement ce dont ils avaient besoin Ils savaient qu’aucun humain ne peut posséder la terre Ils se contentaient de suivre la loi de vie du Créateur Jusqu’à ce que leur mode de vie fut bouleversé par l’homme moderne Alors de façon inhumaine et cruelle, au milieu du XIX° siècle Le gouvernement US a commencé par confisquer leur forêt et leur terre Pour ensuite les confiner dans de petites réserves En leur supprimant leurs droits de chasse et de récolte Leur mode de vie ancestral était fini, une vie qu’ils considéraient merveilleuse Et leur frère le loup, qui avait accompagné autrefois leurs ancêtres sur cette terre Fut lui aussi chassé et pratiquement exterminés dans ces bois Il semble que l’humanité continue de profaner et de détruire la nature En ne prenant jamais le temps de penser à l’ordre naturel ou aux bienfaits naturels Quand je me promène aujourd’hui dans cette région de grands lacs En particulier lorsque je me lève en regardant fixement les flammes de mon feu Je peux encore les voir et les entendre, vivant dans le bonheur ici Et apprendre leur philosophie de la vie est mon plus cher désir Je ne suis qu’un étudiant de la culture amérindienne Mais je pense que c’est notre responsabilité de sauvegarder notre terre Les générations futures risquent, sinon, de connaître très peu de choses Du plan naturel très ancien mais merveilleux de notre Créateur
Ojibwa village at Sault Ste Marie in 1846 Painting by Paul Kane (1810-71)
Il y a bien longtemps...
Il y a bien longtemps de ça L’homme et le loup parcouraient ensemble cette terre En respectant toutes les formes de vie Ils étaient en harmonie avec le plan de notre Créateur Les être humains qui vivaient là alors s’appelaient Ojibwa Leur principal village était appelé "Moningwunakauning" Cela signifiait "la maison du pic vert" Ils apprenaient beaucoup de choses à leurs enfants Ils faisaient offrande de nourriture et de tabac au Grand Esprit Quand la vie d’un animal devait être prise Chaque élément de son corps était utilisé Les Ojibwas avaient énormément de respect pour la sagesse des anciens Tout être vivant dans les lacs ou dans les forêts n’était jamais maltraité Les grands lacs leur apportaient les poissons dont ils avaient besoin A l’automne ils chassaient le gibier et récoltaient le riz sauvage Au printemps ils récoltaient la sève des érables pour en faire un sirop En été, ils cueillaient les fraises et les myrtilles sauvages Et construisaient leurs solides canoës avec du bois de bouleau Cette vie simple, en accord avec la nature, les rendait joyeux Ils prenaient à la nature seulement ce dont ils avaient besoin Ils savaient qu’aucun humain ne peut posséder la terre Ils se contentaient de suivre la loi de vie du Créateur Jusqu’à ce que leur mode de vie fut bouleversé par l’homme moderne Alors de façon inhumaine et cruelle, au milieu du XIX° siècle Le gouvernement US a commencé par confisquer leur forêt et leur terre Pour ensuite les confiner dans de petites réserves En leur supprimant leurs droits de chasse et de récolte Leur mode de vie ancestral était fini, une vie qu’ils considéraient merveilleuse Et leur frère le loup, qui avait accompagné autrefois leurs ancêtres sur cette terre Fut lui aussi chassé et pratiquement exterminés dans ces bois Il semble que l’humanité continue de profaner et de détruire la nature En ne prenant jamais le temps de penser à l’ordre naturel ou aux bienfaits naturels Quand je me promène aujourd’hui dans cette région de grands lacs En particulier lorsque je me lève en regardant fixement les flammes de mon feu Je peux encore les voir et les entendre, vivant dans le bonheur ici Et apprendre leur philosophie de la vie est mon plus cher désir Je ne suis qu’un étudiant de la culture amérindienne Mais je pense que c’est notre responsabilité de sauvegarder notre terre Les générations futures risquent, sinon, de connaître très peu de choses Du plan naturel très ancien mais merveilleux de notre Créateur