Souviens-toi du ciel sous lequel tu es né Connais l'histoire de chaque étoile Souviens-toi de la lune, sache qui elle est Je l'ai rencontrée une fois dans un bar à Yowa City Souviens-toi de la naissance du soleil à l'aube C'est le moment le plus fort Souviens-toi du crépuscule et de l'abandon de la nuit Souviens-toi de ta naissance, comment ta mère a lutté pour te donner forme et souffle Tu es le témoignage de sa vie, de celle de sa mère Et tu es elles toutes Souviens-toi de ton père, il est aussi ta vie Souviens-toi de la terre, de qui tu es la peau Terre rouge, terre noire, terre jaune, terre blanche Terre brune, nous sommes terre Souviens-toi des plantes, des arbres, des animaux Qui ont tous leurs tribus, leurs familles Leurs histoires, eux aussi, parle-leur Ecoute-les, ils sont des poèmes vivants Souviens-toi du vent, souviens-toi de sa voix Elle connaît l'origine de l'univers Une fois, j'ai entendu son chant Kiowa Pour la danse de la guerre à l'angle De la Quatrième Rue et de la Rue Centrale Souviens-toi que tu es tous les hommes Et que tous les hommes sont toi Souviens-toi que tu es cet univers Et que cet univers est toi Souviens-toi que tout est mouvement, tout grandit Tout est toi Souviens-toi que le langage vient de ceci Souviens-toi du langage qu'est la danse, la vie Souviens-toi
Ojibwa village at Sault Ste Marie in 1846 Painting by Paul Kane (1810-71)
Il y a bien longtemps...
Il y a bien longtemps de ça L’homme et le loup parcouraient ensemble cette terre En respectant toutes les formes de vie Ils étaient en harmonie avec le plan de notre Créateur Les être humains qui vivaient là alors s’appelaient Ojibwa Leur principal village était appelé "Moningwunakauning" Cela signifiait "la maison du pic vert" Ils apprenaient beaucoup de choses à leurs enfants Ils faisaient offrande de nourriture et de tabac au Grand Esprit Quand la vie d’un animal devait être prise Chaque élément de son corps était utilisé Les Ojibwas avaient énormément de respect pour la sagesse des anciens Tout être vivant dans les lacs ou dans les forêts n’était jamais maltraité Les grands lacs leur apportaient les poissons dont ils avaient besoin A l’automne ils chassaient le gibier et récoltaient le riz sauvage Au printemps ils récoltaient la sève des érables pour en faire un sirop En été, ils cueillaient les fraises et les myrtilles sauvages Et construisaient leurs solides canoës avec du bois de bouleau Cette vie simple, en accord avec la nature, les rendait joyeux Ils prenaient à la nature seulement ce dont ils avaient besoin Ils savaient qu’aucun humain ne peut posséder la terre Ils se contentaient de suivre la loi de vie du Créateur Jusqu’à ce que leur mode de vie fut bouleversé par l’homme moderne Alors de façon inhumaine et cruelle, au milieu du XIX° siècle Le gouvernement US a commencé par confisquer leur forêt et leur terre Pour ensuite les confiner dans de petites réserves En leur supprimant leurs droits de chasse et de récolte Leur mode de vie ancestral était fini, une vie qu’ils considéraient merveilleuse Et leur frère le loup, qui avait accompagné autrefois leurs ancêtres sur cette terre Fut lui aussi chassé et pratiquement exterminés dans ces bois Il semble que l’humanité continue de profaner et de détruire la nature En ne prenant jamais le temps de penser à l’ordre naturel ou aux bienfaits naturels Quand je me promène aujourd’hui dans cette région de grands lacs En particulier lorsque je me lève en regardant fixement les flammes de mon feu Je peux encore les voir et les entendre, vivant dans le bonheur ici Et apprendre leur philosophie de la vie est mon plus cher désir Je ne suis qu’un étudiant de la culture amérindienne Mais je pense que c’est notre responsabilité de sauvegarder notre terre Les générations futures risquent, sinon, de connaître très peu de choses Du plan naturel très ancien mais merveilleux de notre Créateur
Nous t’appelons Tatanka Les autres t’ont nommé le bison Tu as toujours été notre symbole ici-bas Notre source de vie et la référence de notre nation Autrefois Tatanka, cela signifiait de grands troupeaux Qui se déplaçaient sans contraintes, sauvages, libres et fiers Notre terre sacrée tremblait à leur approche, avec un grondement beau Car ils annonçaient enfin la nourriture, la protection que nous pourrions faire Grâce au corps, à la peau de notre animal, que nous remercions pour toujours Et que nous rêvons de revoir sur ces terres, depuis longtemps désertées...
Est-ce que nous nous sommes perdus Nous devons retrouver l’appel de la nature On ne peut entendre cet appel avec toutes ces blessures Qu’elle a du subir à cause de ces nouvelles tribus...
Nous devons retourner, non comme étrangers Mais comme gardiens de toutes ces choses qui font partie de nous Certaines sont parties à jamais, d’autres meurent partout D’autres crient leur souffrance et demandent pitié
Aussi, juste comme nos ancêtres qui respectaient Toute chose, grande ou petite, sous le même ciel Nous devons être les gardiens de la lune et du soleil Des étoiles qui brillent encore dans l’immensité
C’est pour elles, et notre respect en leurs pouvoirs Que nous devons élever la voix pour être entendu Nous ne sommes pas simplement indiens, mais membre d’une même tribu Nos pères vénéraient la nature, il nous faut faire partager cet espoir
La nature est le coeur de toute chose et de toute vie Chacun d’entre nous sort de son corps et a besoin d’elle Si nous l’empoisonnons, elle deviendra rebelle Et nous perdrons tout, notre futur, notre survie...
Traduction de l'Oeuvre de Georges Hunt Indien KIOWA
Dans mon cœur, j’ai rêvé souvent de nous deux Dans ces rêves, tels que je m’en souviens J’étais un trappeur vivant dans ce grand nord pierreux Mes amis étaient tous de ce pays ancien
Alors je vendais mes peaux, un jour mon cœur battit fort Quand je vis arriver la plus jolie fille de ma vie Elle discuta avec moi et m’offrit son réconfort Et une couverture si chaude que je dormis toute la nuit
Ensuite je m’arrêtais souvent dans ce village pour voir Cette jolie fille qui était gentille avec moi Aussi quand le froid commença à s’installer un soir Elle m’offrit la chaleur de sa tente et mon premier émoi
Ensemble, nous fondèrent une famille dans la loi du Grand Esprit Respectant le jeûne, dans la sweat lodge, nous purifiant Vivant avec la terre, partageant la même vie L’appeler ma femme était un plaisir passionnant
En fait, nous vivons dans une ville d’hommes blancs Dans un endroit très peuplé Mais quand je suis à ses côtés la nuit, le chant Des loups m’emmène très loin dans le passé
Et quand je me réveille, avec elle près de moi J’ai l’impression que mon rêve continue son illusion Même si la technologie a envahi l’endroit Avec elle couchée à mes côtés, je reste envoûté par mes visions
Aussi, moi l’homme blanc qui ait épousé cette reine indienne Je lui dis vivons comme il y a deux cents ans Notre amour est capable de sauter les âges, de changer la scène Comment pourrais-je être plus heureux avec le temps